Le miel, une passion cultivée depuis 25 ans par Prosper Bimangou
Commentaires (0) 29.05.2010. 17:14
Prosper Bimangou est arrivé au Canada en 2008 avec toute une expérience. La guerre au Congo Brazzaville lui a tout enlevé et l'a chassé de chez lui. « Mais j'avais encore mes mains et mon cerveau. » Fonctionnaire au ministère des Communications de son pays, Prosper Bimangou commence à s'intéresser au miel en 1986. « Chez nous, le miel est un produit très respecté, qui a des affinités avec la spiritualité, dit-il. En tant qu'humain, je voulais offrir à l'humanité c'est ce qu'il y a de plus pur et à mon avis c'est le miel. »
Producteur grâce aux Nations unies
M. Bimangou a commencé le commerce du miel en vendant dans les villes et les marchés de son pays le miel qu'il achetait des paysans. C'est un programme des Nations unies pour la formation d'apiculteur qui a fait de lui un producteur. Après six mois de formation, M. Bimangou formait une première coopérative.« La mission de coopération française en place a été la première à nous appuyer, raconte l'apiculteur. Les Allemands, les Américains et le Canada ont suivi. On était bien parti. Les affaires allaient bien. On vendait du miel partout dans le pays. Nous avions même décroché un contrat avec un promoteur américain pour la production de 32 tonnes de cire par année, mais la guerre est arrivée et tout a été détruit. Tout le sud du pays a été décimé, rasé. Les écoles, les arbres fruitiers, tout a été détruit. Notre tribu a dû fuir la guerre et c'est à ce moment que j'ai traversé en République Démocratique du Congo (RDC). C'était en 1998. »
Loin de se laisser abattre, Prosper Bimangou joue un rôle important dans le camp de réfugiés où il passera quatre ans de sa vie. Il deviendra même président du comité du camp de réfugiés. Un projet financé par la Belgique et la RDC lui permettra de mettre en place une formation en apiculture. C'est comme ça qu'il formera près de 300 apiculteurs aux méthodes modernes de récolte du miel. Comme son pays natal demeure ravagé par la guerre, M. Bimangou a décidé d'émigrer au Canada et aujourd'hui c'est tout l'Outaouais qui profite de ses connaissances dans le domaine apicole. « Ce projet de miellerie est pour moi une façon de m'impliquer, de m'intégrer à ma nouvelle communauté », affirme-t-il.
source: cyberpresse
29.05.2010. 17:14
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